Après le débat sur l’identité nationale, le gouvernement nous invite à un débat sur l’alternance. Jusqu’à la fin du mois de février ce n’est pas un débat d’expert mais un débat de « terrain » qui doit avoir lieu. Quand je parle d’invitation, c’est au sens propre: merci à Publicis d’avoir eu la gentillesse de m’informer de l’ouverture de ce site…
L’initiative est intéressante car il est grand temps que l’État prenne conscience des vraies difficultés de l’apprentissage à tous ses niveaux. Espérons que le débat sera réellement à la base de la réforme, et qu’elle sera juste pour tous les acteurs de ce système.
Après un passage sur le site, cela ressemble plus à un bureau des pleurs qu’à un vrai débat de fond amenant des réflexions poussées. Beaucoup viennent y exprimer leur expérience malheureuse dans la recherche d’un employeur prêt à tenter l’aventure, aventure qui n’a en soit rien de bien compliqué. L’expression de ce désarroi est nécessaire puisque réel et concernant beaucoup de monde, peut-être qu’une section dédiées aux expériences personnelles aurait du être mise en place.
Voici néanmoins quelques axes d’améliorations que je pense soumettre (on nous donne l’occasion de nous exprimer, autant la saisir même si on n’est pas sûr du résultat)
Manque d’information des entreprises sur les enjeux de l’alternance: pour les entreprises comme pour l’apprenti
Aucune structure pour aider dans la recherche: le Pôle Emploi n’est pas prêt à recevoir les personnes qui cherchent un contrat en alternance
Placement des futurs apprentis délégué aux écoles qui ne sont pas qualifiées pour ça: on observe trop souvent une mise en concurrence pour une place au sein même d’une promo, l’essentiel étant de placer quelqu’un pour toucher les fonds des OPCA…
La taxe d’apprentissage: mal comprise, les écoles comptent trop souvent sur leurs étudiants pour la percevoir. Cette taxe « d’apprentissage » ne devrait-elle pas être réservée aux école proposant des contrats « d’apprentissage » et non de professionnalisation ?
Fins de mois difficile à boucler pour les alternants: l’alternance est pour beaucoup un moyen de partir de chez leurs parents mais parfois dans des conditions précaires malgré le salaire.
Contrats difficiles à gérer à cause d’interlocuteurs nombreux: CCI, DDTEPF, OPCA…
Quel statut pour l’alternant: employé ou étudiant avant tout?
Pour vous faire votre oponion et déposer vos réflexions:
Peut-être est-ce un nouveau moyen de se faire recruter qui se met en place. Mais connaissez vous le CV vidéo ? De plus en plus à la mode, surtout chez nos voisins occidentaux, il se fait une place de choix et certaines réalisations font déjà pâlir bien des CV papiers classiques…
Pour preuve ce CV que je vous invite à regarder:
Il est très réussi tant sur la réalisation, que sur le choix de la musique. Ce CV met clairement en avant les talents créatifs de son auteur, et surtout… sa capacité à se vendre!
Un autre très sympa:
Dans un style complètement différent celui ci. Laissez donc libre court à votre imagination et lancez vous dans le CV-Vidéo!
J’ai été interviewée il y a quelques jours par une journaliste du blog http://www.pasdequartierpourlechomage.fr/.
Il s’agit du blog d’un organisme d’insertion des jeunes des quartiers dits « sensibles » dans le monde du travail, avec notamment le contrat d’autonomie et un encadrement… Consultez le blog pour plus d’infos.
L’article sera à paraître prochainement!
Pas grand chose. En ce début novembre, la majorité d’entre vous a déjà trouvé un employeur ou s’est résigné, malheureusement. Peu d’actualités mais on pourra quand même noter deux annonces.
La première nous vient de la région parisienne, avec une solution de médiation pour les titulaires d’un contrat d’apprentissage. En effet, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Versailles Val -d’Oise – Yvelines a mis en place un dispositif de médiation entre les apprentis et les employeurs. Ce système permet de mettre en place un dialogue entre les deux parties pour parvenir à un accord lors d’un conflit.
La seconde info provient d’un groupe important côté au CAC 40: Capgemini, leader dans le domaine de l’informatique en France. Le groupe confirme sa volonté d’être un acteur important dans la formation professionnelle en annonçant 1000 recrutement d’ici à la fin de l’année et 550 en 2010. Vous pouvez consulter l’espace recrutement ici pour l’instant peu fourni en offres. N’hésitez donc pas à faire des candidatures spontanées!
Le nouvelle campagne a été lancée ces jours par le Ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi dont le site web est http://www.nosemplois.gouv.fr/
Ce site met en avant toutes les mesures qui ont été prises par le gouvernement pour favoriser l’emploi, et bien entendu la part belle est faite à l’apprentissage: contrat d’apprentissage et de professionnalisation. Explications succinctes du type de contrat, et des interviews de jeunes apprentis qui ont un contrat avec une école et un employeur:
Ces deux interviews reflètent très fidèlement une réalité: celle des apprentis qui ont un employeur prêt à les former et à les payer (donc sans passer par la convention de stage). Mais soyons réalistes. Il s’agit là d’une nouvelle vitrine pour venter les mérites d’un système qui a actuellement du mal à s’étendre malgré les campagnes de publicités et les accords en vogues. Dans un article paru il y a peu sur ce blog, on y voyait que le nombre de contrats signés a diminué cette année par rapport à l’année dernière, faute de moyens! Les employeurs n’ont pas toujours les moyens de prendre des apprentis car malgré les avantages fiscaux (13% de charges patronales seulement dans le cadre d’un contrat de professionnalisation par exemple) et le faible salaire des apprentis (il s’agit toujours d’un pourcentage basé sur le SMIC ou le SMC en vigueur) il faut compter le temps de formation / accompagnement et le temps d’absence de l’employé en apprentissage. Le temps de formation en interne est une perte pour l’entreprise car pendant ce temps une ressource est mobilisée et donc ne produit pas.
Le nom de ce site aurait pu laisser croire à une réalité toute autre: une sorte de regroupement de toutes les offres d’emplois dans la fonction publique, avec pourquoi pas une section réservée aux contrats en alternance! Il n’en est rien, et c’est bien dommage.
La liste des aides disponibles pour les entreprises désireuses de prendre des jeunes en alternance, et les liens pour ce type de contrats au Pôle Emploi.
Un rapport a été remis ce mardi par Laurent Hénart (député UMP), au Premier ministre et préconise de développer la formation en alternance dans le secteur public, pour atteindre 100.000 jeunes formées par ce biais en 5 ans.
On ne peut pas avoir un service public qui plaide pour l’alternance, avec des objectifs de plus en plus lourds demandés au secteur privé, et avoir une Fonction publique qui reste à 6.000 apprentis.
Il est vrai que la fonction publique n’est pas toujours très accueillante avec les apprentis en ne prenant pas, par exemple, les contrats de professionnalisation ou parfois en privilégiant les conventions de stage qui ne sont pas avantageuses pour l’apprenti.
Des propositions ont été faites dans le but de faciliter aux apprentis dans la fonction public l’accès aux postes aujourd’hui sujets à des concours d’entrées parfois jugés inappropriés ou décourageants.
Une mesure dite d’urgence, pourrait être prise pour permettre aux apprentis qui n’ont pas encore trouvé d’entreprise d’avoir des facilités pour obtenir rapidement un poste dans la fonction publique et ainsi démarrer pleinement leur cursus.
Le 29 septembre, le chef de l’État a fait des annonces concernant les apprentis. Ce n’est pas du luxe dans un climat social et économique tendu où on peut compter une baisse du nombre de 12000 contrats en apprentissage et une baisse de 24000 contrats de professionnalisation sur la période juillet 2008 / juillet 2009.
Les apprentis bénéficieront des mêmes avantages que les étudiants comme l’accès aux résidences universitaires (les avantages sont déjà identiques dans les grandes villes pour les transports en commun)
Augmentation du nombre d’apprentis dans la fonction publique
Peu d’initiatives touchant directement les apprentis puisqu’on ne connait pas les détails de ces mesures… qui de l’avis général semblent trop faibles pour l’ensemble des jeunes.
Le guide de l’apprentissage 2009/2010 permet aux jeunes en recherche de contrat de s’informer sur les formations, de trouver les renseignements utiles à la signature d’un contrat d’apprentissage, de connaître les avantages matériels liés au statut d’apprenti.
Il ne suffit pas d’être bachelier et motivé pour s’inscrire dans une formation en alternance. Beaucoup de candidats voient leur dossier refusé, car ils ne trouvent pas d’employeur : le “mariage” ne se fait pas pour la moitié d’entre eux. On est loin des discours enthousiastes de nos gouvernants.
Suite à des négociations avec le gouvernement pour lutter contre le chômage et favoriser l’apprentissage, plusieurs grands groupes en France ont signé des accords. Liste non exhaustive des groupes concernés:
Dans les grandes villes aujourd’hui on a pu vous distribuer un magazine hors série nommé Objectif Emploi, qui a l’ambition de nous présenter « ces employeurs qui recrutent et qui vont bien »… Quelle belle initiative! On est bien content que quelqu’un vienne nous dire que la crise c’est fini… et que ça recrute…
Ne soyons pas dupes. Je vous invite à jeter un œil à leur page d’annonces dans la section apprentissage / formation:
Après un tour rapide, je n’y ai trouvé que des publicités pour des centres de formations. Autrement dit, vous contactez l’école qui vous inscrit moyennant finances, et qui après vous trouvera peut-être une entreprise. Pas super dans le genre recherche d’emploi. Il s’agit bien d’un moyen de publicité pour les CFA qui n’arrivent pas à remplir les salles… Fin septembre, c’est un peu tard pour la pub alors méfiance sur la qualité des formations!
Les sénateurs ont renforcé mercredi 23 septembre 2009 l’assouplissement des modalités d’entrée en apprentissage dans le cadre du projet de loi sur la formation professionnelle.
Les grandes lignes des amendements et décrets votés:
Les apprentis pourront ainsi commencer leur cursus scolaire en centre de formation (CFA) pendant quatre mois, même s’ils n’ont pas encore trouvé l’entreprise
L’apprenti pourra en outre être embauché sans autorisation préalable de l’inspecteur du travail, il suffira à l’employeur d’envoyer une déclaration d’embauche à la direction départementale du travail.
L’apprenti peut désormais bénéficier d’un congé supplémentaire de 5 jours afin qu’il prépare son examen si son CFA n’organise pas de révision
Le contrat de professionnalisation (formation en alternance) est applicable aux titulaires du RSA, de l’allocation de solidarité spécifique ou de l’allocation handicapés, et extensible à 24 mois dans certains cas